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organisations criminelles en Asie orientale

organisations criminelles yakuza

organisations criminelles en Asie orientale






organisations criminelles en Asie orientale

Deux organisations dominent le paysage criminel en Asie orientale, les triades chinoises et les yakuzas japonais. Relativement anciennes, elles comptent plusieurs dizaines, voire centaines, de milliers de membres, sont fortement structurées et ritualisées, génèrent des profits colossaux, pratiquent la poly criminalité et entretiennent des relations étroites avec le pouvoir politique.



Les triades chinoises
Les triades, dont le nom se réfère au triangle symbolisant une relation harmonieuse entre le ciel, la terre et l'homme, sont des organisations très anciennes. Selon la tradition, contestée par certains, la première triade - la Tiandin hui (Société du ciel et de la terre) - aurait été fondée au XVIIe siècle par cinq moines bouddhistes du monastère de Shaolin qui auraient échappé au massacre ordonné par Pempereur Kang Xi. Toujours est-il qu'au début du xix siècle, des sociétés secrètes, ancêtres des triades actuelles, étaient déjà actives dans les provinces maritimes de la Chine - notamment au Fujian, parfois qualifié de « Sicile chinoise ». Fonctionnant à la fois comme des gangs criminels, des sociétés économiques et des organismes d'entraide, elles luttèrent à partir de 1840 et des guerres de l'Opium contre l' arrivée des puissances occidentales et acquirent une dimension politique. Elles participèrent aussi à la révolte des Boxers et jouèrent un rôle dans la révolution de 1911 qui mit fin au règne de la dynastie impériale.

Après la victoire des communistes en 1949, les triades furent interdites et leurs principaux chefs se réfugièrent à Hong Kong et à Taïwan. II fallut attendre l'ouverture de la Chine et les transformations qui suivirent la mort de Mao pour qu'elles reprennent pied sur le continent, où elles ont noué des alliances avec les gangs locaux formés dans le contexte de la libéralisation économique.
De nos jours, les triades chinoises sont parmi les organisations criminelles les plus puissantes du monde. Elles compteraient entre 160 000 et 200 000 membres. Parmi ces triades, citons la Sun yee on (Nouvelle rectitude et paix), fondée en 1919 dans le Guandong et composée en majorité de membres de l'ethnie teochew. Comptant entre 50 000 et 60 000 membres, elle est implantée à Hong Kong et Macao. La Sap sze wui, ou 14K, a été créée après la Seconde Guerre mondiale à Guangzhou, par un général nationaliste qui a regroupé plusieurs triades préexistantes pour lutter contre les communistes. Elle réunirait denos jours 20 000 membres. La Wo chi tau (Fédération de l'harmonie ou Fédération Wo) a été constituée en 1908 par des partisans de la république. Principalement basée à Kowloon mais disposant aussi de filiales en Europe, elle recrute ses membres parmi les coolies, les dockers, les travailleurs du bâtiment. Ses effectifs sont évalués entre 20 000 et 30 000 membres, répartis en plusieurs branches. Le Tai huen tsai (Grand cercle) compterait 5 000 affiliés et offre la particularité d'avoir été fondé par d'anciens gardes rouges réfugies à Hong Kong après la Révolution culturelle. La Fuk yee hing comprendrait pour sa part 10 000 membres. Elle a fonctionné d'abord comme une société philanthropique et une association commerciale avant de devenir une entité criminelle. Enfin, la Zhu lian bang (Bande des bambous unis) et la Si hai bang (Bande des quatre mers) sont implantées à Taïwan.

Chacune de ces entités est organisée selon une structure pyramidale. A sa tête se trouve un chef baptisé « tête de dragon » (Long ton) assisté par un adjoint [fu shanzu) et par divers autres dignitaires affubles de noms pittoresques : « maître de Pencens » (chargé du recrutement et des rituels), « patrouilleur des vents » (renseignement), « éventail du papier blanc » (finances), « sandale de paille » (communication). « bâton rouge» (l'exécuteur). L'adhésion est entourée d'un cérémonial complexe au cours duquel les impétrants prononcent des serments et effectuent des gestes rituels. Ils s'engagent à se soumettre aux obligations du clan qui leur accorde en contrepartie sa protection.
 

L'organisation des yakuzas


Les yakuzas se caractérisent par une structure verticale très hiérarchisée. L'unité de base est le clan, ou la famille, à la tête duquel se trouve le chef de famille, assisté d'un lieutenant et d'un deuxième adjoint. Les gangs les plus importants, comme le Yamaguchi-gumi, se sont dotés d'une organisation pyramidale. Un chef suprême exerce le commandement sur l'ensemble en laissant à ses subordonnés une autonomie plus ou moins grande. Chaque famille possède un territoire appelé «l'aire déterminée par la corde » (nawabari) ou « l'île » (shima).

Avant d'être admis dans un clan, le futur yakuza doit suivre une formation dans des maisons de jeunes, sortes d'école du crime. Il s'y voit inculquer les principes de base de la communauté dans laquelle il va entrer. L'adhésion définitive est consacrée par un rite d'initiation assez similaire à celui préludant à l'entrée dans les triades chinoises. Outre l'initiation, bien d'autres cérémonies

collectives scandent la vie des yakuzas. Le yakuza doit respecter un certain nombre de règles, inspirées, en théorie du moins, du code chevaleresque des samouraïs. Il doit une obéissance absolue à ses supérieurs, en particulière son parrain, l'oyabun. La transgression des règles est sévèrement punie.
Contrairement aux autres criminels qui recherchent en général la discrétion, les yakuzas ont longtemps ouvertement affiché leur appartenance, avec des tenues vestimentaires reconnaissables, des tatouages ou des insignes distinctifs. Sous l'appellation, qui ne trompe personne, d'association d'entraide, de groupe de défense d'intérêts corporatifs ou de société patriotique, certains gangs de yakuzas ont encore pignon sur rue, possèdent un siège social, avec pancartes, oriflammes, drapeaux et lanternes. L'adoption au début des années 1990 d'une législation répressive les a toutefois contraints à se montrer plus discrets.


La collusion entre les yakuzas et la classe politique japonaise
«Si le marché des services criminels a pris un tel développement, c'est que le processus de mise en place de l'État moderne à 1ère Meiji et les particularités du système engendré par le règne sans partage du PLD [Parti libéral démocrate] y ont été particulièrement propices. La demande est entretenue par le contrôle étroit que l'État maintient sur l'économie au moyen d'une réglementation souvent arbitraire, et par le trafic d'influence généralisé qui en découle, auquel les yakuzas apportent la violence "légitime" dont il a besoin en dernier recours. Il faut y ajouter la carence de l'État dans la distribution de ce bien de première nécessité qu'est la justice, et un certain déficit de culture démocratique qui alimente encore le marché de la violence politique. L'offre est assurée par la dissémination très large des groupes criminels leur visibilité quasi institutionnelle jusqu'au niveau des quartiers, et un degré d'organisation très rassurant pour leurs clients. Enfin, le bon fonctionnement du marché a longtemps été soutenu par les lacunes de la législation, le laxisme de la jurisprudence, une certaine tolérance sociale liée à la légende dont les yakuzas avaient su s'entourer, et une connivence idéologique entre les patriotes professionnels mafieux et l'aile droite du PLD ».

 


La police estime que de nos jours, au Japon, il y a plus de 3 000 gangs, réunissant environ 90 000 membres. Leurs effectifs auraient atteint 180 000 personnes à la fin des années 1970, mais ils auraient baissé dans les années 1990, à la suite du durcissement de la politique gouvernementale à leur égard. Dans le même temps, une concentration des gangs a eu lieu soit par l'intégration des groupes les plus faibles au sein de structures verticales soit par une fusion d'unités d'égale importance. Désormais, 60 % des yakuzas de l'Archipel seraient entre les mains de quelques gangs majeurs : le Yamaguchi-gumi basé à Kohe avec des branches dans 34 préfectures (38 000 membres), le Snmiyoshi-kai dont le siège est à Tokyo (10 000 membres), l'Inagawa-kai (7 000 initiés), le
Kyodo-kai basé à Hiroshima (10 000 membres), le Kokuryu-kai (Okinawa), Ie Tao Yuai Jigyo Kumiai (800 membres, en majorité des Coréens), le Kudo-kai, le Kokusui-kai. le Matsuba-Kai.

Le chiffre d'affaires des yakuzas est difficile à évaluer. Il a été estimé à 11 milliards d'euros. Le montant de l'argent sale en circulation s'élèverait pour sa pari à 150 milliards de dollars. Selon une enquête policière menée à la fin des années 1990, le trafic de stupéfiants procurait la plus grosse part de revenus (35 %), devant le racket (20 %), les jeux illégaux ( 17 %) et la prostitution ( 13 %).
 




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Le nombre de commentaires est de 1

 Moustachu
 Commentaire :
excellent article, Merci à toute l\'équipe


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